Bourrasques et nuages roses (vlouise&tartaupomm)
Bourrasques et nuages roses…. et « merci l'awalé »
Jouer n'est pas sans incidences multiples sur nos états d'âme…Eh oui, nos états d'âme ! parlons-en de nos états d'âme, n'oublions pas que blog, au départ, c'est quand même un blog de filles et qu'il faut bien par conséquent qu'on vous raconte nos états d'âme, et là croyez-nous il y a matière….Une des premières questions que nous nous sommes posées, Vlouise et moi, fut : << mais pourquoi sommes-nous si tristes de perdre ?>>. La question est encore et toujours d'actualité même si, à force de perdre et gagner, on finit par prendre du recul et mieux comprendre et surtout admettre que somme toute, dans ce Jeu, il y a une multiplicité de niveaux, comme autant de paliers qu'il faut bien entendu atteindre progressivement (…là je vais peut-être un peu loin dans l'optimisme, corrigeons…) et que certains paliers, les plus hauts, ne sont pas accessibles à tout le monde. Oui, Tartaupomm, on prend du recul, surtout moi qui joue moins bien que toi ; enfin prendre du recul c'est parfois tout relatif et franchement je continue à préférer aller me coucher avec trois points de plus que la veille (c'est rare) plutôt qu'avec quatre de moins (ça m'est arrivé trop souvent). Lorsque j'ai commencé sur ludo, je suis montée très vite et je me suis complètement méprise sur la question des niveaux ; j'ai commencé à entrevoir le gouffre qui me sépare des vrais bons joueurs quand je suis redescendue vertigineusement pour ne plus jamais remonter au même score. La tristesse est en-effet un vrai sujet ; c'est qu'il s'agit d'un vrai Jeu (je l'écris comme toi avec une majuscule…) qui active nos facultés profondes ; voir ces facultés impuissantes ou faiblardes nous amène à douter de nous-mêmes en général. Qui suis-je, moi qui viens de me mobiliser toute entière et qui pourtant me suis fait écraser, peut-être par un bleu ? La tristesse est moins profonde aujourd'hui parce que j'accepte maintenant la difficulté ; le recul dont tu parles, je l'ai gagné maintenant mais cette conquête reste fragile ! heureusement d'ailleurs, puisque on ne peut pas à la fois être « en recul » et gagner : et il s'agit bien, n'est-ce pas, de gagner.
Perdre ou gagner… l'enjeu d'une partie reste surtout le niveau de l'adversaire, et la façon dont nous comportons face à lui. La notion de classement complique les choses, la prolifération de faux débutants les rend encore plus embrouillées, et on avance comme dans le jeu 1-2-3 soleil, jolis bonds en arrière et remontées laborieuses ou joyeuses, mais l'essentiel est de se situer dans un certain créneau et d'essayer de le dépasser, exercice ingrat, certes, c'est le challenge.
Le classement ! Le site nous avertit pieusement : le classement sert à vous donner une idée du niveau du joueur que vous allez affronter. Une idée ! tu parles ! Si mes souvenirs sont bons, quand j'ai commencé sur L, un message nous avertissait quand nous voulions ouvrir une partie avec un joueur au score trop éloigné du nôtre, il me semble même que le jeu ne pouvait pas s'ouvrir dans ces conditions. Le problème avec le classement, c'est que d'accessoire au début, il est devenu central, un jeu dans le Jeu, certains soirs je me demande si je joue à l'awalé ou si je joue à un autre jeu qui s'appelle le score. Pour progresser, on me dit et on me répète qu'il faut affronter des joueurs plus forts que moi ; bon. Alors je décide qu'à partir d'aujourd'hui j'arrête les parties cotées, je me consacre sérieusement à ma progression…mais ça ne marche pas, d'une part parce que le démon du score me reprend très vite, c'est si amusant, si excitant de gagner des points, d'autre part parce que, quand on ouvre des parties non cotées, on tombe trop souvent sur des débutants complets, c'est sympa cinq minutes de prendre 40 graines, plouc plouc plouc dans la poche, mais ça lasse et ça, c'est sûr, ça n'aide pas à progresser !
A bien y réfléchir, ce Jeu nous passionne car il est avant tout un travail sur nous mêmes, et nos handicaps majeurs ce sont nos défauts, l'étourderie, le manque de confiance, la crainte de l'autre, autant d' « adversaires » qu'il nous faut apprendre à neutraliser et c'est une tâche constante et de longue haleine, et si nous sommes « tristes » de perdre, c'est essentiellement par rancœur contre notre propre incapacité. Complètement d'accord. Un mot sur le manque de confiance, je constate que je gagne parfois en non coté sur un bon joueur, qui me gagne facilement en coté. Et que je gagne plus facilement contre quelqu'un que je ne connais pas ; plus la personne m'est sympathique, plus je perds, on dirait qu'un mécanisme spécial se met en route dans mon cerveau pour accumuler les erreurs exprès (les erreurs ? parfois il suffit d'une belle au début) Ceci pour les bourrasques….
Mais les nuages roses…….là c'est tout ce que l'awalé représente de merveilleux, de riche de beau ! Et c'est pour ça qu'on joue ! Les parties mal barrées où on finit par remonter miraculeusement, la satisfaction de gagner un jeu difficile ou contre un adversaire meilleur, et la sensation de progresser…autant de petits bonheurs ! Et puis le relationnel fait de complicité, chaleur, sympathie, les liens qui se tissent au fil des jeux avec certains joueurs, cette communauté aussi multicolore que ses identifiants . :….totale magie ! Nous vivons sans doute là une expérience unique en son genre, entrant en contact avec des gens à des milliers de km, partageant régulièrement des moments intenses, échangeant quelques mots, quelques formules d'usages, ou des tartines de commentaires avec les uns ou les autres et apprenant à se connaître à travers le Jeu.
Pour ma part, je trouve que c'est génial et je m'en émerveille tous les jours…. Et comme je ne saurais pas choisir les mots pour exprimer ma reconnaissance à l'awéleur qui m'a un jour incitée à franchir les portes de L. et à entrer comme Alice, dans ce pays des merveilles, je dirai simplement « merci, l'awalé ».
Ah ! les joueurs disparus qu'on aimait bien ! ceux qu'on retrouve enfin ! la merveille de rencontrer des fondus comme nous ! écoute Tartaupomm là à ce que tu as écrit je ne sais rien ajouter.
tartaupomm en bleu et vlouise en rose

Commentaires
phylitis le 17/05/2006 à 10:09:36Le prix de la passion. Aujourd'hui je souffre de l'awélé comme en d'autres temps,j'ai souffert du jeux d'échecs, victime tour à tour d'un syndrome d'attraction répultion;
je souffre quand je joue:quand je perd parce que je ne me justifie pas alors les heures passées à étudier les phases du jeux,
c'est éminement psychologique,je souffre de mon ego insatisfait,malmené;je souffre de me considérer dans toute ma faiblesse qui se révèle entière,
c'est sans doute tres masculin?! . je souffre paradoxalement aussi quand je gagne,de mon jeux malgrés tout insufisant à l'analyse post-mortem que je
réalise rigoureusement après chaque partie;de cette bouffée qui m'innonde de battre l'Adversaire et à grimper au score,puis je souffre de mon adversaire,
cet autre moi même que je ne sais consoler,(à ces moments là,il m'arrive d'envisager de perdre "une partie");est ce risible, est ce dramatique,
cela m'amène en souvenance un formidable champion d'échecs,c'était en 1972 la détresse visible de Boris Spassky qui vient de perdre le titre mondial
face a Bobby ficher aux échecs,il ne sera plus jamais le même ,au point qu'il dira plus tard "le plus beau résultat d'une partie est... la partie nulle!!"
Je souffre aussi quand je ne joue pas:je regarde cet écran de loin, je tourne autour de mes enfants qui eux jouent sans états d'âme me semble t'il.
En étudiant,on ne joues plus,on tésaurise!.Seul un douloureux(dans les premiers temps)arret du jeux m'apportera la sérènité,je sais que j'en reviendrai
ragaillardi,"virginal", dans une "nouvelle" soif inextinguible de ce jeux passionnant qui nous emporte tous en éternité.
tartaupomm le 17/05/2006 à 10:44:52
....me voilà très émue par ce témoignage de souffrance venant d'un homme. C'est vrai, en tant que femme, j'ai toujours tendance à croire que les hommes, plus forts, ne connaissent pas nos faiblesses et nos peines, du moins qu'il encaissent d'une autre façon, sans en être aussi cruellement blessés que nous pouvons l'être. Et ton commentaire est un démenti, merci d'avoir osé, même si le phénomène de "sympathie = tendance accrue à faire des fautes" dont parlait vlouise, va s'aggraver encore si je sais qu'en gagnant je fais autant de peine à l'adversaire masculin!(lol)
Miss Troucoutrouc le 07/11/2007 à 11:16:51
Je vous lis, tous, je vous entends, je vous comprends, (enfin j'essaie !), et votre dénominateur commun me saute aux yeux : il me semble que votre plaisir, ce plaisir infini dont vous parlez tous, cette addiction même, semble dûe au fait, non pas de jouer à l'Awalé, mais de jouer EN LIGNE !!!
Ah si, je vous assure, relisez ! Score, classement, perdre, gagner, les chiffres qui s'affichent...
Ce ne sont pas ces émotions-là qu'on ressent en tête-à-tête, dans le désert, sur un jeu en bois ?...
On a l'impression par moments qu'il s'agit d'un jeu de casino en ligne, poker ou quelque chose d'approchant... Même genre d'excitation, d'obsession, de compulsion... Phyllitis parle même de son attirance irrépressible pour son écran, comme d'une drogue "d'éternité" dont il ne peut plus se passer, et qui a seul le pouvoir de l'apaiser !
Ca fait un peu peur quand même...
tartaupomm le 07/11/2007 à 14:50:16
Merci Miss de soulever la question cruciale, je vais réfléchir à une réponse cohérente (peut-être un article?)...en éspérant qu'un autre awaleur te réponde spontanément!
Bacissimi
dominicii le 18/07/2009 à 05:36:20
Pour moi perdre ou gagner n'est pas le plus important et je suis d'accord que les plus belles parties c'est le match nul.
Le plus important c'est de povoir jouer, rencontrer des gens nouveaux, papoter,rire et des fois me ronger les ongles. Quand je joue,j'oublie tout: mes problèmes, mes joies, mes doutes et des fois même mon nom. J'aime ce jeu et ma satisfaction c'est de jouer bien .Si je ne joue pas bien mais que je gagne quand même je ne suis pas satisfait. Je vis au Mexique et après 21h ici(7h du mat en France)je ne trouve personne pour jouer et j'trouve ça dommage mais bon on ne peut pas tout avoir.
Pour ce blog , pour playok et pour l'awalé...merci, merci et encore merci.
dominicii
tartaupomm le 18/07/2009 à 11:59:38
Merci à toi et encore merci pour ta passion du jeu, ta gentillesse et ta spontanéité.
Bises d'une pinguine:-)